Faisons connaissance
- Isabelle N'TO
- 17 nov. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 déc. 2025

Moi, c’est Isabelle : 1,76 cm et plus de 100 kg au compteur.
Le jour où le pèse-personne a affiché un nombre à 3 chiffres aurait dû être un déclic.
Et bien, même pas. j'ai continué à m'empiffrer. J’ai continué à ne pas
faire attention, faire comme si ce chiffre n’existait pas, ou que dans ma tête, malgré
le fait qu’il paradait sous mes yeux…
Oui, je sais ce que certaines d’entre nous vivent et ce peu importe le poids sur la
balance ou le reflet dans le miroir, le rapport à notre corps est toujours compliqué à
gérer…
Nous passons toutes par-là : faut-il regarder la société de plus près ? Qu’est ce qu’un
critère de beauté ? Qu’est ce qui est beau pour moi, pour vous, pour le monde ? Un
corps svelte, mince, maigre, rond, doux, fit, poilu ? On ne sait même plus au bout du
compte…
Je crée ce blog aujourd’hui parce que je suis passée par là; mais je me soigne, ou du
moins j’avance avec de meilleurs outils. D’ailleurs j’écris cet article depuis ma
chambre en clinique, où je n’ai pas
honte de te dire, j’ai été hospitalisée il y a un mois parce que ma charge mentale était
trop importante. Pression, désir d’être au top, choix professionnels, séparation et
gestion d’une nouvelle vie avec deux enfants en garde partagée…
Depuis quelques temps, la thérapie a été une vraie révélation. J’ai appris à
apprivoiser mon trouble ; qui m’a longtemps mené la vie dure et valu plusieurs
hospitalisations. Mais, cette fois-ci, c’est la bonne. Pourquoi, me direz-vous, parce
que j’ai reçu un suivi remarquable des professionnels de santé. Ce trouble fait partie
de ce qu’on appelle les maladies invisibles ; ce n’est pas inscrit sur le front.
Et on en guérit pas, mais on vit avec ; avec une bonne hygiène de vie et un
traitement à prendre quotidiennement.
Même si je lutte encore contre certains démons, je sais qu’on peut les apprivoiser. Je
compte bien y arriver, avec le temps qu’il faut et c’est aussi pour ça que je partage
ici. Parce que nous avons toutes nos démons, nos côtés honteux ou sombres. Je me
confronte tous les jours à mon reflet et pour la petite anecdote ; quand je me balade
dans les rues, j’ai une fâcheuse tendance ; comme la plupart d’entre nous, de jeter
un œil à mon reflet sur les vitrines. Et ce que je vois, n’est pas beau : des fesses
proéminentes, une poitrine généreuse.
Mais, qu’est-ce-que la beauté ? Dans mon pays natal, je serai une bombe. Tous les
hommes n’aiment pas les filles filiformes. Et, c’est en ça que le monde est beau :
aucune ressemblance ; rien que de la diversité.
Les kilos, ça fait la moitié de ma vie que je les regarde tous les matins et maintenant
j’ai compris quelque chose : les aliments que je mets dans ma bouche ne nourrissent
pas que mon corps, ils me pas nourrissent émotionnellement. L’autre jour ma
psychologue me fait comprendre que tout est lié aux émotions. Et les émotions qui ont
été mis en exergue sont : l’épuisement et l’impuissance.
Quand ça ne va pas, quand le manque au fond de moi est trop important, , que j’ai
une contrariété, je mange. Et je ne mange pas des bâtonnets de carottes, sinon, ce
ne serait pas drôle. Je m’enfile le paquet de gâteaux, la plaquette de chocolat. Je
dévore sans doute, en essayant de rassurer cette petite fille en moi qui se cache du
monde.
Certes, on dira que ces kilos en plus ne me définissent pas, quoique…
Cependant, avec le temps j’apprends, je chemine, j’avance pas à pas et je suis sur la
voie de l’acceptation; même si le chemin est encore long. Rome ne s’est pas
construite en un jour, la constance, la discipline sont les aspects les plus difficile
quand on a un caractère impatient. Je suis frustrée souvent, mais je vois la lumière
au bout du tunnel chaque jour un peu plus.
Il est vrai que je caresse le doux espoir de perdre du poids. La quarantaine est une
sacrée décennie et avec elle les joies de certaines maladies : cholestérol, tension,
diabète et la fameuse ménopause qui me guette à l’aube de mes cinquante. Je
redoute ce moment où mon corps va changer ; comme si ce n’était pas assez. Dans
mon cas, il est primordial voire vital que je perde du poids. Je me suis même posr la
question d’une sleeve ou d’un bye pass. Je n’ai pas encore franchi le pas ; mais j’y
songe de plus en plus.
Ce tournant dans ma vie m’a fait prendre conscience que ce chemin, il est impératif
de le transmettre, de communiquer réellement sur les outils qui marchent, d’ouvrir la
porte à une acceptation de soi passant par des soins adaptés, des vêtements, un
regard sur soi différent. Ce sera ma voie professionnelle dorénavant, aider les
femmes à se sentir plus femme, malgré les complexes ou les cafouillages
psychologiques, les besoins ou les dépendances. Rien n’est une fatalité, il suffit de
se regarder en face, d’accueillir et d’avancer.
Et même si tout le monde y va de sa petite réflexion :
Tu as grossi...
C’est dommage, tu as un joli visage. Je sais aujourd’hui que ce ne sont que
leurs jugements personnels et que je n’ai pas besoin d’eux pour me rendre compte
que j’aimerais que ce corps change. Ce n’est pas les réflexions qui feront avancer, ni
le jugement de l’autre, mais seulement ce qui se passe en moi, en vous. Ce déclic,
cette envie, cette discipline encore une fois.
Comme si je ne savais pas que j’avais grossi; la blague.
On ne vit qu’une fois il parait, et je souhaite aussi rendre fier mes enfants qui
m’encouragent sur ce chemin.
Je vous emmène dans ce voyage, mon voyage vers l’acceptation de moi-même, et
qui sait, sans doute le tien ?






Oh comme je me reconnais!
La bouffe est un vrai démon…
Je cherche toujours la solution!