Hospitalisation
- Isabelle N'TO
- 19 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 déc. 2025
Oh mon Dieu, je crois toujours que c'est la dernière hospitalisation, et bien non. Une hospitalisation en entraine une autre, puis une autre, puis une autre.
Depuis l'âge de 19 ans, âge auquel, j'ai fait un épisode de dépression sévère (appelée bouffée délirante), j'ai enchainé les hospitalisations, certes avec des moments de répits (où j'étais stable). Cette maladie, ma maladie fera l'objet d'un post séparé.
J'en aurais passé du temps dans ces cliniques. Mais, je dois dire que la dernière m'a transformée. J'ai rencontré un personnel soignant bienveillant, à l'écoute et disponible, des autres patients gentils (avec certains, j'ai même noué des relations amicales) et surtout , j'ai rencontré mon psy. C'est un homme incroyable; appelons le Docteur G, qui a beaucoup d'humour et que j'aime taquiner.
Il est compétent (grand spécialiste dans son domaine), et surtout il m'a appris ce qu'était la psychoéducation (dont je n’avais jamais entendu parlé auparavant malgré mes différentes hospis). Il a fait de moi une experte, enfin je crois, dans ma pathologie; comme il aime à le dire. Je vais repartir de la clinique avec des billes, pour vivre enfin avec. En effet, de cette maladie, on n’en guérit pas, mais on peut vivre normalement, ou presque. Certains patients sont même restés plus de 20 ans sans rechute.
Effectivement, bien connaître sa maladie est un moyen de l'apprivoiser et de bien vivre avec.
C'est déjà une amorce de mieux être.
La psycho éducation, c'est quoi? Il s'agit d'une éducation de la psyché. On avait des sessions où on nous expliquait de long en large la maladie et de l'importance de prendre son traitement. Ce que, soit le dit en passant, je ne respecte pas toujours.
Cette hospitalisation est la plus longue que je n'ai jamais connu (plus de deux mois); mais comme on dit j'ai pris mon mal en patience; entre les activités, le sport et les suivis psy, j'étais fort bien occupée. J'en ai même profité pour développer mon activité pour le après. Il est en effet fondamental de préparer cet après clinique. Sinon, la rechute n'est pas loin. Je suis repartie avec des outils qui me permettront d’avancer avec un suivi à l’extérieur. J’ai déjà une thérapeute holistique ; merci Camille qui m’accompagne depuis plusieurs années.
J'en ai également profité pour créer ce blog; dont l'idée germait depuis plusieurs années déjà; moi qui adore écrire et partager. Le blog réunit les deux; et ça me fait un bien fou.
Hospitalisée, tu tournes facilement en rond. Mais, je m'occupais et ne m'ennuyais rarement.
Cependant, à la fin, je ne pouvais plus voir ma chambre et encore moins les extérieurs; ce parc dont je connaissais tous les recoins.
Bien que la clinique proposait un certain nombre d’activités, je me sentais comme un lion pris en cage, bon l'expression est quelque peu outrancière, mais quand même. Chaque jour ressemblant au précédent :
08 :00 : petit déjeuner
08 :30 : prise des médicaments
09 :30 : activités physiques et sportives
12 :00 : déjeuner
14 :00 : activités
17 :30 : prise des médicaments
18 :00 : diner
21 : 00 : prise des médicaments de nuit
Chaque jour étant identique et je ne vous parle même pas des week-ends, pendant lesquels les activités étaient quasi inexistantes. D’autant que je suis restée plusieurs week-ends de suite, sans voir mes enfants, qui m’ont terriblement manquée pendant tout ce temps.
Il faut savoir qu'en clinique psy, les 15 premiers jours, aucune sortie thérapeutique n'est envisageable, sauf cas exceptionnel et la LNH ne dérogeait pas à la règle. J'étais familière du fait. Mais certaines amorces de dépression ou de phase d'exaltation, ont incitées le Docteur G, à me garder sous surveillance.
Même si j'avais du mal à l'accepter, je comprenais.
Grâce à cette hospi, j'ai renoué avec le sport et avec l'alimentation; en mangeant équilibré.
Pour la petite anecdote, en une semaine d’hospitalisation, j’ai pris 1 kg. C’était l’horreur ; j’ai paniqué car je faisais attention à ce que je mangeais ; ne prenant même plus de pain à table, moi qui adorait ça.
En rentrant en clinique mon objectif était non seulement de sortir d’une phase dépressive, mais aussi d’apprendre a avoir une vie saine et équilibrée, ce qui d’ailleurs aidait à prévenir des rechutes.
J'en ressors avec des tips, des conseils, une meilleure hygiène de vie tout simplement.
Tout est dans la régularité et la discipline : manger et prendre ses médicaments à heures fixes ; faire une activité physique et sportive ; le yoga ou le renforcement musculaire, ça marche aussi.
Eviter les sauces et le fromage, c’est primordial ; manger des fruits à tous les repas, c’est essentiel.
Bref, vous l’aurez compris, cette hospitalisation a été bénéfique en tous points.
Et, j'espère de tout cœur que ce sera la dernière.




Je me reconnais bien dans ton message, nos pathologies sont surnoises. La perdre de vu et elle te rattrape aussi vite.
Courage Isa, tu vois le bout du tunnel